Marley n'est pas mort. Des fêtes animées par une "nouvelle" version du reggae séduisent des rappeurs aux étudiants.
L’ambiance est détendue. Portés par un rythme contagieux, des fêtards de tout âge dansent, sans grande euphorie, dans un décor qui montre cl
L’ambiance est détendue. Portés par un rythme contagieux, des fêtards de tout âge dansent, sans grande euphorie, dans un décor qui montre clairement qu’ils sont à l’aise. L’association du rouge, du vert et du jaune, symbole jamaïcain infaillible, domine la scène. Le reggae, qui a conquis le monde avec la voix de Bob Marley, joue dans une nouvelle tenue, avec une rythmique plus électronique. Voilà l’atmosphère des soirées dub, qui gagnent des adeptes dans des villes comme Rio de Janeiro et São Paulo. Le dub est justement le nom de la version instrumentale du reggae, pleine d’interventions électroniques innovantes.
Les fêtes ont souvent lieu en plein air. Musiciens, rappeurs, branchés et étudiants sont parmi les habitués les plus assidus. À Rio, les meilleures soirées dub sont en bord de mer, organisées par l’équipe du Digitaldub Sound System. À São Paulo, le projet Dubversão organise des bals itinérants. Aux platines, Yellow P, l’ambassadeur du dub au Brésil. « On pense que le reggae est un son de surfeur, mais le rythme est très urbain, de rue », dit-il. Comme Yellow P, la plupart des DJs de dub utilisent des LP (long player), aiment Bob Marley et passent des heures à dénicher des raretés dans des disquaires, utilisées pour mélanger des extraits de chansons originales avec des éléments électroniques. Dans les fêtes, rien de trop frénétique. Ska, reggae, dub et ragga — marques de la musicalité jamaïcaine — sont légers, cadencés. « Le public du dub est discret et aime les fêtes plus tranquilles », explique l’artiste plasticienne pauliste Fefê Talavera, 24 ans, présence assurée dans les soirées dub de São Paulo.
Les bals durent au maximum six heures et commencent parfois l’après-midi. Personne ne sort en sueur d’avoir trop sauté et les stimulants ne sont pas à la mode. Le charme réside justement dans l’atmosphère tranquille. « Le son est pénétrant, il met les gens en transe », observe MC Zulu, Pauliste de 28 ans qui de temps en temps fait une apparition dans les fêtes, lançant ses rimes sur des bases de dub. Peut-être sous l’influence du vénéré Marley, les soirées dub ont peu à voir avec les raves électroniques “babyloniennes”, où la règle est de danser deux ou trois jours sans arrêt.
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#Reggae