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Reggae · 24 novembre 2005

Conscience Noire !

“Le Reggae est tombé entre mes mains comme une bénédiction. Autrefois je jouais un son populaire, comme une MPB, Sertanejo... puis j'ai sent

Conscience Noire !

“Le Reggae est tombé entre mes mains comme une bénédiction. Autrefois je jouais un son populaire, comme une MPB, Sertanejo... puis j'ai senti que ma musique ne tenait pas dans ce rythme... un son de protestation, lié à la dure réalité des ghettos du Brésil... alors le Reggae est venu !!! Dès lors, je ne me suis plus arrêté, je sentais que le rythme était celui-là, que les paroles entraient avec clarté dans la cadence du Roots Reggae..."

Ce sont les paroles d'un homme courageux, qui affronte l'abus d'autorité avec le Reggae. Noir, plus de 40 ans, dont 25 seulement de musique. Le musicien militant João Terra a été abordé et humilié par des policiers devant les médias télévisés, qui lui ont toujours refusé de l'espace. En plus de sa carrière dans la scène Reggae, il enseignait la musique à des jeunes défavorisés de la région Freguesia do Ó et Brasilândia et, après ce fait, a perdu le soutien de la Mairie qui prenait en charge les dépenses de ce projet. (voir la chronique Reggae se Aprende na Escola).

La vie continue, mais qu'en est-il de la morale de celui qui subit une fausse accusation ? Que devient l'émotionnel de quelqu'un qui subit des humiliations prononcées par la bouche d'un policier non préparé et raciste ?
L'abus de pouvoir est une pratique inadmissible, il viole les droits humains les plus élémentaires et le régime démocratique lui-même. On ne peut admettre que les agents ou représentants de l'État, qui doivent obéir et garantir l'exercice des droits fondamentaux de la personne humaine, violent les préceptes légaux et commettent des abus et violences contre un citoyen qui lutte pour la périphérie de São Paulo et retire des jeunes de la rue pour leur enseigner la musique.

L'abus d'autorité est inadmissible non seulement dans ce cas, mais dans tout autre. Il est courant de croire que le problème de la sécurité se résume à : l'augmentation des effectifs policiers mal formés dans les rues et des mesures répressives, qui finissent souvent par manquer de respect aux droits des segments les plus marginalisés de la société : pauvres et Noirs. Allons-nous nous laisser réduire au silence ?

Comme dirait Alexandre Carlo : (chanteur de Natiruts)

Personne n'est à l'abri d'être humilié, il suffit pour cela de rencontrer dans une ruelle Un ou plusieurs cavaliers bleus, toujours leurs épées à la main Prenant votre dignité et la jetant toute au sol...
(extrait tiré de la chanson : Cavaleiros Azuis)

Le problème de la sécurité publique ne se résout pas par l'augmentation de la police dans les rues ; il doit être discuté et nous devons lutter pour une police préventive, instruite et communautaire, qui respecte les droits humains et surtout fasse décemment son travail. Nous pouvons commencer par dénoncer les abus d'autorité ; c'est essentiel pour faire cesser des pratiques qui violent le droit humain. Se taire ne fait que contribuer à perpétuer ces attentats et augmente la violence contre le citoyen.

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