Reggae · 24 janvier 2012
Raçaman devient DUB sous la houlette de Mad Professor ! Écoutez le résultat et lisez l'interview d'Alexandre !
Natiruts est avant tout connu pour sa polyvalence et sa créativité, un fait qui a permis au groupe de se démarquer pendant tant d'années. At

Natiruts est avant tout connu pour sa polyvalence et sa créativité, un fait qui a permis au groupe de se démarquer pendant tant d'années. Attirant des fans de tous âges et de tous styles au sein même du reggae, le groupe honore le public du reggae avec des versions des chansons de l'album "Raçaman" en DUB, réalisées par le maître Mad Professor. Le partenariat avec le célèbre producteur dure depuis longtemps, notamment qu'une partie de Raçaman elle-même a été produite au studio de Mad, Ariwa.
Désormais, la fusion des styles apporte un résultat surprenant, et 4 chansons ont été préalablement choisies pour que les fans puissent en profiter sur leur site officiel. Il s'agit de : "Raçaman", "Fogueiras de Desilusões", "Vento, Sol" et "1996". L'aspect le plus sinistre du reggae rentre comme un gant dans les compositions d'Alexandre, car le côté "brésilien" de Natiruts rend les freakouts de Mad Professor encore plus attractifs avec tous ces effets, échos, changements de chaînes, etc.
Visitez le site officiel (www.natiruts.com), et découvrez les 4 chansons disponibles. Ci-dessous, découvrez l'interview que Surforeggae a réalisée avec Alexandre Carlo, chanteur du groupe Natiruts. Rappelons qu'en 2012, en plus du nouveau "Raçaman DUB", le groupe enregistrera un DVD acoustique avec les plus grands succès de sa carrière. Succès en vue !
1 Surforeggae : Mad Professor est déjà une vieille connaissance du public brésilien, quand et comment "Mad" s'est-il réuni avec Natiruts et pour le groupe considéré comme le plus populaire de la scène brésilienne, que signifie travailler avec un producteur de musique de renommée internationale ?
Alexandre : Il arrive un moment dans votre carrière où vous partagez la scène avec tous les groupes classiques que vous avez écoutés dans le passé. Et vous réalisez aussi que votre propre groupe a déjà une histoire. Les choses deviennent alors plus une relation d'harmonie et d'amitié que d'adoration. Neil, que tout le monde connaît sous le nom de Mad est mon ami, vient chez moi quand il va à Brasilia et en attendant nous faisons de la musique.
2 Surforeggae : Le DUB n'est pas encore un aspect très populaire et répandu du reggae au Brésil. La grande majorité des grands maîtres sont déjà partis, laissant la place à de nouveaux producteurs, en grande majorité non jamaïcains et parmi ceux-ci, rares sont ceux qui ont réellement réussi à se consolider sur le marché international. En Jamaïque même, où il était autrefois de tradition que des albums entiers soient accompagnés de versions DUB, cela n'arrive plus que rarement. Pensez-vous que malgré sa grande importance et malgré son intérêt, le DUB a ralenti par rapport à l'industrie du disque ?
Alexandre : Je ne sais pas si le format Dub est censé être populaire. C'est très expérimental. Autrefois, le Dub et le reggae étaient nouveaux. Aujourd'hui, c'est une tradition. Et l’industrie vit de l’actualité. Et les romantiques de la tradition.
3 Surforeggae : Évidemment, dans d'autres secteurs, le DUB reste fort, notamment dans les performances live où de nombreux groupes utilisent leurs ressources dans des spectacles. En tant que représentant d'un grand groupe qui s'est également produit dans d'autres pays, quelle est votre opinion du point de vue du style national et international ?
Alexandre : Pour moi, la plus grande contribution du Dub est le sens des textures que l'on peut obtenir dans le son, quel que soit le style. Un exemple est la tablette d'émeraudes de Jorge Ben, dont je ne sais même pas si c'était intentionnel, mais c'est un disque très Dub.
4 Surforeggae : Sans enlever les mérites du grand Professeur Fou qui est une légende vivante, si vous aviez l'opportunité d'inviter un autre grand maître (même ceux qui sont partis) à travailler avec vous, qui serait-ce ?
Alexandre : Eh bien, avec la même tradition dans Neil's Dub, je ne connais que Lee Perry et King Tubby. Mais en termes de bon goût et de compétence, nous avons sans doute d'autres noms.
5 Surforeggae : C'est formidable que des groupes importants sur la scène nationale, en particulier ceux qui peuvent surmonter les barrières du public exclusivement reggae et toucher des auditeurs d'autres styles, fassent la promotion de la culture DUB. Avez-vous par hasard pensé à enregistrer une chanson avec des Toasters étrangers ou brésiliens ?
Alexandre : Pour moi, les grille-pain, les rappeurs et les repentistes font la même chose. L'art de rimer. Nous l'avons déjà fait avec Funk Buía et Gog. Il serait alors tout à fait naturel de répéter la dose.
6 Surfeggae : Nous perdons peu à peu de grands noms de la fondation du Reggae, pour la plupart victimes du manque de publicité. Beaucoup de ces personnalités importantes ont façonné beaucoup de choses à ses débuts et probablement 90 % du public n’en a même pas entendu parler. Un des exemples est King Stitt, qui est très malade. Qu'en pensez-vous ?
Alexandre : Nous tombons dans le même vieil argument. Le point de vue de l'homme noir qui apparaît dans les vieilles vidéos de reggae, jouant avec une guitare à laquelle il manque trois cordes, c'est que c'est magique, c'est sensationnel. Et cela crée une pensée, une opinion selon laquelle c’est là le sens des racines. Où pour moi qui suis noire, avec un père, un grand-père et un arrière-grand-père, c'est synonyme de précarité, de manque d'opportunités, quelque chose qui doit changer et qui doit être dissocié de notre culture. Les favelas ne sont pas la pauvreté. Favela, c'est la samba, le reggae, la capoeira, la science, la magie. La misère est un cancer. Je ne sais pas si le cas de King était dû à un manque de publicité. Parce que c'est normal dans le monde du reggae qu'on se plaint du manque de place et en même temps de celui qui se présente.
7 Surfeggae : Comment est née l’idée d’enregistrer ces DUB ? Quelles chansons sont produites et comment seront-elles mises à la disposition des fans ?
Alexandre : Lorsque nous sommes allés à Londres en 2009, l'idée et ce que nous avons convenu avec Neil était simplement de mélanger le Raçaman. Mais il a aimé le disque et a fait les doublages spontanément pour nous. Tout à l'heure, sans répétition. Ce sont ceux que nous mettons à disposition.
ENTRETIEN AVEC ALEXANDRE CARLO
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