Alpha Blondy a grandi en jouant au milieu de vastes foules en Europe et en Afrique. C'est une star du reggae de première magnitude, salué comme véritable successeur de Bob Marley tant pour sa musique que pour ses messages de paix et d'unité. Le reggae d'Alpha Blondy est un mélange international. Lui et son orchestre des 12 systèmes solaires de la paix ajoutent l'accent africain au reggae, chantant en diverses langues dont son Dioula natif, le français et l'anglais. Il a chanté en hébreu devant un public arabe, et en arabe devant un public israélien. "Je donne à ma foule en Amérique ce que je donne en Afrique, le même menu," a-t-il dit.
Né le 1er janvier 1953 à Dimbokro (Côte d'Ivoire), Seydou ou Blondy fut élevé par sa grand-mère Cherie Coco, qui lui inculqua la sagesse du Coran et la moralité Dioula sur la tolérance et les mariages mixtes. Blondy choisit le français de la Bible et apprit l'anglais à l'école, où il fut expulsé juste après avoir formé son 1er groupe, les "Vibrations Atomiques". Sa grand-mère lui donna le surnom Blondy (déformation du mot bandit), et il choisit le nom "Alpha" pour le commencement. Fréquentant le théâtre en Amérique, il passa longtemps à New York, où pendant deux ans il étudia l'économie et l'anglais à l'université de Columbia. Bien qu'il fût messager chaque jour pour payer ses études, la meilleure partie de ses nuits s'écoulait au club de Harlem, où il sautait sur scène pour chanter des classiques de Bob Marley en mélangeant anglais, français et argot Mandinque (dialecte ouest-africain). Lors d'une production (Clive Davis entendit Alpha), il se précipita en studio et enregistra 6 chansons... puis disparut avec les bandes. Déçu, Alpha Blondy fit ses valises et retourna en Côte d'Ivoire.
À son retour à Abidjan, sa famille fit un effort concerté pour relancer sa carrière, en vain. Alpha Blondy croyait en ses chansons et poèmes ; la lutte contre l'oppression pour la liberté d'expression. Il retrouva le producteur TV Fulgence Kassy, qui lui offrit une place à "Première Chance". Et il était lancé. Un autre producteur, G. Benson, le prit sous son aile, et en 48 heures une version d'une de ses chansons fut enregistrée : il courut devant la police lors d'une opération de "nettoyage des rues". Sabari brigadier chanté en Dioula, langue très populaire en Afrique de l'Ouest, avec bégaiement de français, fut le fruit d'une heureuse expérience. Alpha fut le premier à oser aborder le tabou de la brutalité policière et de l'abus de pouvoir. Le succès suivit rapidement et une légende naquit. Les "Balados" (gamins des rues) et les gangs de Treichville (Ghetto d'Abidjan) s'identifièrent sans problème à sa musique.
JAH GLORY, son 1er album, enregistré avec l'orchestre de télévision ivoirien, devint un gros vendeur en Côte d'Ivoire et dans le monde. En septembre 1984, COCODY ROCK, son second album, fut enregistré à Paris et mixé à Londres, incluant une chanson prête à être reproduite à Kingston par les Wailers. Fin 1985 il sortit son 3e album APARTHEID IS NAZISM, hymne à la paix et à la liberté. Son propre style reggae élastique, insistant et urgent fut marqué dans l'histoire musicale. Et Alpha Blondy commença à récolter des prix.
En reconnaissance de son travail : en 1984 élu N°1 à Radio France International. En 1985 Golden Maracas pour la meilleure production française, et en 1986 le prix Senghor pour le meilleur groupe africain, nominé par "Victoires de la Musique". Fin 1986 sortit JERUSALEM, enregistré, arrangé et produit au studio Tuff Gong à Kingston, Jamaïque, aux côtés du légendaire groupe de Bob Marley, les Wailers. Cette musique fut une combinaison victorieuse du poing africain et du tonnerre jamaïcain.
Lentement mais sûrement, cette superstar ouest-africaine devenait un héros reggae dans le monde. Octobre 1987 vit la sortie mondiale de son 5e album REVOLUTION, avec le beat simple SWEET FANTA DIALLO. En mars 1989, après une tournée américaine réussie, Alpha Blondy livra son 6e album : THE PROPHETS. Puis en 1990 son 7e album SOS GUERRE TRIBALE, avec 6 pistes.
MASADA, sorti en janvier 1992, avait déjà dépassé le double platine en France, et le beat "rendez-vous" entra dans le top 10 (14 semaines dans le top 50). MASADA fut nominé par "Victoires de la Musique" et sortit dans plus de 50 pays. "J'aime beaucoup le reggae quand il est fait intelligemment, quand on ne parle pas trop de ganja (marijuana)," dit Blondy.
Beaucoup de chansons d'Alpha Blondy sont des chansons messages — comme son album APARTHEID IS NAZISM. Mais il n'avait vraiment qu'une chose à chanter, dit-il.
"Mes chansons sont vraiment toutes des chansons d'amour. Quand je parle de Dieu, je parle d'amour divin ; quand je parle de politique réunie pour changer la génération future, c'est aussi un chemin vers la prédication de l'amour. Nous sommes tous ici sur terre ou ailleurs, autour de l'amour commençant par l'amour. Le monde en a besoin, et nous devons donner une chance à nos enfants — pour une génération future." Ce dont la génération future de l'Afrique a besoin, dit Alpha Blondy, c'est une unité au-delà des considérations tribales.
"Nous en Afrique devons avoir l'expérience d'un États-Unis d'Afrique. Ce n'est pas un rêve, cela peut se réaliser. Peut-être dans 20 ans ou plus, mais je sais qu'un jour il y aura plus d'intellectuels, quand l'éducation sera valorisée pour tous. Ils viendront de la prochaine génération car les chefs actuels sont trop impliqués pour regarder les exigences de l'unité africaine," dit Blondy. Pour Blondy, il continuera certainement à chanter sur les traces de Bob Marley (sa grande influence) bien que ses goûts en reggae soient très larges.
Où le groupe joue le plus
Depuis les archives Surforeggae
- 01NOV 261
Salvador · BA

