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Bunny Wailer

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Crucial! Roots Classics

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L'année 1995 fut marquée parmi les fans de reggae comme celle du cinquantenaire de Bob Marley. En 97 ce fut le tour de Bunny Wailer, le plus jeune des trois Wailers originaux (Bob Marley, Bunny Wailer et Peter Tosh) et le seul encore vivant. Le membre mystique du groupe qui porta le message du rythme jamaïcain sur les cinq continents compléta 50 ans en avril 97, recevant des hommages justes pour sa vie et son œuvre consacrées au reggae et à la philosophie rastafari.

Pour commencer, Bunny Wailer rapporta chez lui son troisième Grammy (le plus grand prix décerné par l'industrie phonographique) pour le monumental double CD "Hall of Fame: Tribute to Bob Marley's 50th Anniversary", dans lequel il interpréta cinquante classiques composés par le roi du reggae, par lui et par Peter Tosh, aux bons temps des Wailers. Sa biographie fut aussi publiée, sous le nom de "Old Fire Sticks", sous la responsabilité du journaliste et chercheur américain Roger Steffens, un nom qui garantit quantité et qualité d'information quand il s'agit de reggae. Roger fut celui qui obtint le plus d'interviews avec Marley et avec les grands du reggae mondial.

Neville O'Riley Livingstone - son nom de baptême - naquit le 10 avril 1947, en Jamaïque. Il rencontra Bob Marley encore enfant et l'amitié entre eux se renforça après que la mère de Marley, Cedella Booker, devint la compagne du père de Bunny, Toddy Livingstone. Les deux amis devinrent frères et continueraient à se traiter ainsi jusqu'à la mort du plus grand idole de la musique jamaïcaine, en 1981. Les carrières musicales des deux se croisèrent aussi dès le début.

Un an après avoir enregistré son premier single, "Judge Not", Bob Marley formerait avec Bunny, Peter et d'autres amis du ghetto le groupe The Wailers, qui se distinguerait dans les années suivantes parmi les dizaines de groupes formés à cette époque sur l'île caribéenne.

Après avoir passé près de dix ans dans les Wailers, Bunny Wailer enregistra le premier single solo "Search for Love", sur son label indépendant, Solomonic Records. En même temps les Wailers signèrent un contrat avec le label anglo-jamaïcain Island Records et commencèrent leur carrière internationale. À la fin de cette même année ils sortiraient l'album "Catch a Fire", attirant l'attention de la presse mondiale et menant le groupe dans une tournée épuisante en Europe début 73.

Après un repos en Jamaïque, ils devaient reprendre la route, cette fois vers les États-Unis, mais Bunny refusa de voyager. Il était déjà sérieusement engagé dans la religion rastafari et ne souhaitait pas rester si longtemps loin de sa ferme et de ses rituels. Il finit par quitter les Wailers, ce que Peter Tosh suivit quelques mois plus tard, après la participation de tous deux à l'album "Burning". C'était le début d'une nouvelle phase pour Bunny Wailer, dans laquelle il sortirait ses travaux studio régulièrement, mais réduisit les performances hors de Jamaïque car il ne voulait pas voyager beaucoup.

Son premier LP solo, "Blackheart Man" (Island Records - 1976), est aujourd'hui acclamé comme un chef-d'œuvre du roots reggae et est considéré par beaucoup comme son meilleur travail, aux côtés de "Liberation" (Shanachie Records - 1987). La production ultérieure maintiendrait la qualité, mais ses travaux les plus populaires furent les albums réalisés en hommage aux Wailers. Prenant sur lui la responsabilité de maintenir vivant l'héritage du groupe, il enregistra "Sings The Wailers", "Time will Tell" et "Hall of Fame", remportant le Grammy du meilleur album reggae pour les deux derniers (l'autre Grammy fut pour la compilation de singles "Crucial! Roots Classics", sortie en 94).

Du haut de ses près de 70 ans, le rastaman Bunny Wailer est aujourd'hui l'un des plus grands noms du reggae mondial, rappelant toujours à ses compagnons l'importance des racines dans la musique. C'est un message qui semble être compris par la nouvelle génération du rythme, actuellement engagée à retrouver le sentiment et l'art original du reggae, maintenant le rythme que nous aimons tant comme une force vivante et active sur la scène musicale du troisième millénaire.

En live, Bunny Wailer se produit avec la Solomonic Reggaestra, littéralement un orchestre de reggae avec certains des musiciens les plus compétents et légendaires de l'histoire du genre. Au total, il n'y a pas moins de trois chœurs, deux claviéristes, deux guitaristes, un trio de cuivres, percussionniste, bassiste et batteur, plus bien sûr le frontman - le légendaire et dernier Wailer vivant qui continue d'écrire l'histoire du reggae - Bunny Wailer.

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